samedi 5 mars 2022

La faune marine côtière de l’île Amsterdam

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La faune marine côtière de l’île Amsterdam est riche et diversifiée. De nombreux mammifères marins (baleines, Orques, Otaries et Eléphants de mer) fréquentent les eaux côtières, mais aussi quantité de poissons, crustacés, céphalopodes (pieuvres), et anémones.

Sur les 220 espèces de poissons aujourd’hui identifiées avec certitude dans les eaux du district de Saint-Paul et Amsterdam, seules 24 fréquentent la zone néritique (zone côtière) et 7 sont très fréquemment observées lors des plongées, limitées sur Amsterdam par la barrière de laminaires (Macrocystis pyrifera), très grande algue brune formant une ceinture autour de l’île sur une profondeur de 10 à 40 m. Une espèce de crustacé et une pieuvre sont également très abondants près de la côte et on rencontre aussi souvent une espèce d’anémone marine. Cet article présente ces 10 espèces de « petite » faune marine côtière les plus souvent rencontrées.

Particularité commune à de nombreux organismes sur Saint-Paul et Amsterdam comme par exemple le Phylica arborea chez les plantes (seul arbre indigène de l’île Amsterdam), plusieurs espèces de poissons et crustacés ne se retrouvent que sur le complexe d’îles de Tristan Da Cunha dans l’Atlantique Sud et sur Saint-Paul et Amsterdam, dans le monde. Aussi parfois sur des monts sous-marins et plus particulièrement celui de Vema à l’Ouest de l’Afrique-du-Sud et celui de Walter à l’Est.

Il existe à ce jour très peu de photos de ces espèces vivantes dans leur milieu naturel sur Saint-Paul et Amsterdam ou dans le monde.

 

 1. Bovichtus veneris

  Au plus près de la côte on retrouve le Bovichtus veneris, ne dépassant pas les 20 cm. On l’observe régulièrement posé sur les roches au fond de l’eau, dans les faibles profondeurs (<3/4m). Mais il est aussi parfois observé fixé sur les parois verticales immergées de la cale ou dans les mares de la zone intertidale. Les nageoires pelviennes (ventrales) de ce poisson sont situées très en avant du corps. Comme les nageoires pectorales, elles sont grandes et très robustes chez cette espèce. Cette particularité permet sans doute au Bovichtus de rester bien accroché à son support lors du passage des vagues.

Il est le seul poisson côtier endémique du district de Saint-Paul et Amsterdam. Il fait partie des 6 espèces du genre, qui se retrouvent toutes sous des latitudes plus ou moins similaires, du Chili (B. chilensis) à la Nouvelle-Zélande (B. variegatus) en passant par la Tasmanie (B. angustifrons), le complexe d’îles de Tristan Da Cunha (B. diacanthus) et le Pacifique Sud (B. psychrolutes). La plupart de ces espèces ont la particularité d’être mimétiques à leur environnement et il est donc difficile, lorsqu’ils sont accrochés aux rochers, de les différencier de ces derniers ou des algues.


 2. Suezichtys ornatus

 Toujours près du bord de l’eau (entre 1m de fond et jusqu’à > de 10m) le Suezichtys ornatus se remarque facilement. Ce petit poisson aux couleurs vives pouvant mesurer jusqu’à une quinzaine de centimètres est très abondant le long des côtes de l’île, entre les rochers et les algues. On l’observe jusqu’à la ceinture de laminaires.

Il possède une répartition typique de celle énoncée en introduction, c’est-à-dire qu’il n’est connu dans le monde que du complexe d’îles de Tristan da Cunha dans l’Atlantique Sud, de Saint-Paul et Amsterdam dans l’océan Indien et de 2 monts sous-marins. Il est appelé arc-en-ciel de Tristan sur l’île du même nom.

 

 3. Nemadactylus monodactylus

L’espèce la plus abondante dans les eaux du district est sans nul doute le Bleu (ou Castanette de Saint-Paul, Nemadactylus monodactylus). Cette espèce se rencontre en abondance dans les eaux côtières, mais également plus au large. Ce poisson pouvant atteindre facilement les 40 cm, forme parfois des bancs de plusieurs dizaines voire centaines d’individus. Ces bancs de poissons suivent souvent les plongeurs lors des apnées. Ce poisson tient son nom commun de sa couleur générale, mais on remarque des individus pouvant devenir très orangés au contact des laminaires (algues brunes), sans doute pour mieux se confondre avec leur environnement.

 

Le Bleu a exactement la même répartition que le Suezichtys. Il est uniquement connu de Tristan Da Cunha, de Saint-Paul et Amsterdam et des monts sous-marins de Vema et de Walters. 

 

 4. Serranus novemcinctus

Quelques Rouges (Serranus novemcinctus) sont également visibles à faible profondeur (il est plus abondant dans les eaux profondes). Ils ne sont pas observés en grand nombre lors des mises à l’eau et se mêlent aux bancs de Bleus (Nemadactylus monodactylus). Ils se reconnaissent sans difficulté grâce aux zébrures sombres verticales sur leur corps et à leur couleur rougeâtre.

 Il n’est connu que de l’océan Indien, dans la zone subtropicale (monts sous-marins et Saint-Paul et Amsterdam).

 

 5. Mendosoma lineatum

Lorsque l’on s’éloigne un peu de la côte, près de la ceinture de laminaires, on observe Mendosoma lineatum, un poison de la même famille que le Saint-Paul (Latris lineata), celle des Latridae, appelé le vrai trompettiste bâtard en pays anglophones. Une seule espèce de poisson appartient au genre Mendosoma. Ce poisson n’est jamais très abondant et quelques individus se mélangent aux bancs de Bleus (Nemadactylus monodactylus). Il se reconnait grâce à ses reflets jaunes et ses tâches bleutées sur le dos.

Connu des archipels de Juan Fernandez et de Tristan Da Cunha, de Saint-Paul et Amsterdam, de Tasmanie et de Nouvelle-Zélande, cette espèce a une répartition typiquement subtropicale.

 

6. Latris lineata

De même que pour le Rouge (Serranus novemcinctus), le Saint-Paul (Latris lineata), appelé trompettiste dans les pays anglophones se rencontre en petits effectifs près du bord de l’eau (il est plus abondant à plus grande profondeur). Il se reconnait très facilement grâce à ses lignes horizontales et sa taille bien plus imposante (les individus de plus de 80 cm ne sont pas rares). Curieux, ce poisson suit facilement le plongeur lors des apnées.

C’est un poisson à la répartition typiquement subtropicale, connu de la Péninsule de Valdes, de Tristan Da Cunha, de Tasmanie, de l’Australie, de la Nouvelle-Zélande et de quelques monts sous-marins sous les mêmes latitudes.

 

7. Seriola lalandi

Au large, la Grande Sériole (Seriola lalandi) s’observe surtout durant la belle saison (été austral), lorsque les eaux se réchauffent. Certains individus se rapprochant des côtes, se rencontrent près de la ceinture de laminaires. C’est le plus gros des poissons que l’on observe dans les eaux côtières du district de Saint-Paul et Amsterdam. De la famille des carangues, il peut facilement mesurer plus d’1 m. Il se reconnait sans problème grâce à la ligne noire horizontale allant de la bouche à la base de la nageoire caudale et à ses nageoires jaunes. Certains individus viennent à la rencontre des plongeurs lors des apnées.

 La Grande Sériole est répandue dans les régions chaudes et tempérées des océans du globe.

 

8. Octopus vulgaris

Dans les fonds rocheux se cachent également de nombreux Poulpes communs (ou Pieuvre commune, Octopus vulgaris), à l’affût des poissons imprudents qu’ils capturent grâce à leurs bras (tentacules) munis de ventouses. Cet animal possède la particularité de changer très vite de couleur et de texture de peau pour se fondre dans son environnement.

C’est une espèce cosmopolite que l’on retrouve dans presque tous les océans et mers du globe en zones tropicales et tempérées. Pour l’anecdote, c’est cette même espèce que l’on rencontre en abondance tout le long du littoral de France métropolitaine.

 

9. Jasus paulensis

Une des « stars » des eaux côtières du district est la Langouste de Saint-Paul (Jasus paulensis). Abondante dans les fonds rocheux, on la trouve la plupart du temps sous et entre les pierres, qu’elle peut quitter en une fraction de seconde en se projetant en arrière. Ce crustacé n’est pas inféodé aux eaux côtières car il peut être pêché à plus de 800m de profondeur.

Autrefois l’espèce était considérée endémique du district de Saint-Paul et Amsterdam. Une espèce très proche, Jasus tristani, considérée endémique de l’île du même nom, a depuis été rattachée à l’espèce J. paulensis, d’où la répartition actuelle connue de cette langouste.

 

10. Actinaria sp.

Enfin, une autre espèce animale, beaucoup plus discrète mais néanmoins très colorée que l’on rencontre lors des plongées est une petite anémone de mer. On trouve parfois ces animaux à quelques mètres de profondeur dans les anfractuosités de rochers mais c’est dans les mares de la zone intertidale qu’on les rencontre plus fréquemment. Les anémones de mer sont fixées sur les rochers à l’aide de leur pied et elles sont sessiles. Leurs tentacules urticants leurs permettent de capturer de minuscules organismes marins qu’elles amènent ensuite à leur bouche (au centre du polype).

Les individus rencontrés dans les eaux côtières d’Amsterdam font partie de l’ordre des Actinaria et probablement de la famille des Actiniidae. Ils ressemblent à une espèce du genre Actinia (non recensé à ce jour dans le district). Actinia tenebrosa, connue d’Australie et de Nouvelle-Zélande est une identification possible, mais cela n’a jamais été vérifié. Seulement 3 espèces indigènes d’anémones sont recensées à ce jour sur le district (des genres Halcurias, Amphianthus et Bunodosoma).

 

Rédaction : Flavien Saboureau et Quentin d’Orchymont / Relecture : Guy Duhamel


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