vendredi 13 mars 2026

Présentation des membres de la mission 77

Didier, notre sage de la mission 77
Didier fait partie de l’équipe des Infras de Amsterdam. Il est arrivé sur l’île à OP2 (fin août) et nous quitte bientôt, à l’OP1, pour un retour chez lui à la Réunion. Véritable papa poule, les retrouvailles avec ses deux fils, âgés de 14 et 23 ans lui tardent. Il a l’habitude des TAAF, c’est sa 5eme mission en tant qu’infra. Très polyvalent, Didier a un diplôme de charpentier couvreur/bardeur et même de menuiserie. D’ailleurs, lors de sa première mission à Amsterdam, il était chargé de la construction de la cabane Antonelli, avec une petite équipe. Cette fois-ci il a surtout manié la pelle et la brouette, la bétonnière, pour la construction du pare-feu autour de la base et du chemin de caniveaux pour le futur câble de pointe Bénédicte. Ces chantiers ne sont pas simples, mais il a toujours gardé le sourire et sa bonne humeur. Véritable philosophe, il adore échanger avec les autres hivernants. Ses phrases commencent souvent par « Comme je dis toujours… » et on adore ! Passionné de plantes, il aime beaucoup discuter avec l’agent flore. Il a d’ailleurs rapidement repéré les jeunes pousses de phylica qui s’épanouissaient sous les arbustes brûlés, permettant à la vie de reprendre. Enfant de Saint-Leu, Didier est un voyageur, il a déjà parcouru quelques endroits pour le travail : Maroc, Zanzibar, Mayotte... Les TAAF lui permettent de s’évader des embouteillages de la Réunion, de souffler du quotidien de travail très prenant et de continuer à découvrir d'autres coins du monde. Ici les embouteillages sont très limités : il peut se détendre après le travail, aller à la pêche et parfois nous régaler d’un délicieux carry. Mais son cœur reste à Kerguelen, sa première mission TAAF, car il aime le froid. Didier, comme je dis toujours : merci de nous partager ta bonne humeur, et ton expérience de la vie, tu es un trésor pour les missions en site isolé.

mercredi 11 février 2026

 

La beauté de la végétation de l’île d’Amsterdam 


L’été à Amsterdam est la meilleure période de l’année pour observer la végétation de l’île ! Les graminées recouvrent les sols et valsent au grès du vent tandis que les Phylicas arborea sont en fleurs et embaument les sentiers de leur douce odeur de miel. 


                                                                                
                                                                             
 Prairie de graminées et Phylica arborea.

Phylica arborea en fleur


 

Le Phylica arborea est une espèce endémique de l'île d'Amsterdam. C'est aussi le seul arbre indigène de la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises.

 Une nature encore intacte, même après le feu

Malgré le passage de l’incendie de 2025, la flore native d’Amsterdam est encore présente ! De nombreux secteurs de l’île ont été épargnés et présentent aujourd’hui des habitats d’intérêt qui offrent de très beaux exemples de la diversité végétale de l’île.

💧  Le Plateau des Tourbières correspond à un milieu humide remarquable, dominé par les sphaignes et les mousses qui créent un sol spongieux et gorgé d’eau. Cette base végétale permet l’installation d’une flore diversifiée, composée d’espèces spécialisées pour ce type d’environnement.

On y retrouve par exemple Asplenium blotiae et Elaphoglossum succisifolium, deux fougères qui se développent principalement dans les tourbières. Autre plante étonnante : Lycopodium clavatum, qui ressemble à un petit sapin miniature et porte de fines structures en forme de massues à son extrémité. D’autres espèces, plus discrètes, font aussi partie de ce paysage végétal, comme Isolepis aucklandica, Carex brevicaulis ou encore Carex austrocompacta. Cette dernière possède des utricules en forme de crochet recourbé : ils s’accrochent au pelage ou aux plumes des animaux, notamment des oiseaux, ce qui permet à la plante de disperser ses graines. Une adaptation ingénieuse à un environnement isolé !

 

Elaphoglossum succisifolium

Asplenium blotiae
 Cette végétation, est très sensible au piétinement. Le sol tourbeux se compacte et se dégrade facilement, ce qui peut détruire en quelques passages ce que la nature a mis des années à construire. Lors des déplacements sur le Plateau des Tourbières, le port de raquettes est essentiel afin de répartir notre poids sur une plus grande surface et de limiter l’impact sur ce milieu fragile !

Carex austrocompacta avec ces utricules en forme de petits crochets recourbés qui s’accrochent au pelage des animaux.

 

 🌊Du côté des falaises d’Entrecasteaux, le paysage n’est pas seulement spectaculaire par son relief : il abrite aussi une végétation caractéristique, essentielle à la faune. Celle-ci a su s’adapter à la fois aux contraintes environnementales de ces falaises exposées, mais aussi à la présence des animaux qui les occupent.

 

Colonie d'Albatros à bec jaune dans les falaises d'Entrecasteaux

On y observe notamment Poa novarae, une Poacée endémique de l’île qui pousse en petites touffes. Ces touffes ne sont pas seulement esthétiques : elles servent de zones de nidification pour les Albatros à bec jaune et les Albatros fuligineux, qui nichent sur ces falaises exposées aux vents. Autre graminée remarquable : les Sporobolus mobberleyanus. Leur port imposant, sous forme de touffes denses et robustes, offre des abris idéaux pour les siestes des otaries, qui viennent s’y reposer à l’abri du vent.

Ici, la végétation est donc bien plus qu’un simple élément du paysage : elle constitue de véritable infrastructure naturelle, indispensable à la faune de ce versant de l’île.

 

Couple et poussin d'Albatros à bec jaune dans les Poa novarae

Jeune otarie dans un Sporobolus mobberleyanus  

                 

 

 Article rédigé par Manon Hennard, agent flore à Amsterdam. 

Photos : Manon Hennard