Dans les TAAF, on part en manip
et pour se rendre sur le lieu où on va l’effectuer, on fait un transit !
Ces deux termes, tombés dans le jargon
taafien peuvent surprendre au premier abord.
Une manip = aller sur le terrain, effectuer différents relevés sur
la faune, la flore, le sol, pour la science.
Un transit = une « randonnée » qui permettra d’atteindre
le lieu de la manip, ou d’en faire une sur le trajet.
Un manipeur est le responsable de la manip, qui a des protocoles
scientifiques à réaliser sur le terrain. Il propose et organise toute la
logistique nécessaire. C’est le GO (gentil organisateur).
Un aide-manipeur est un hivernant qui participe à la manip, pour
donner un coup de main sur les protocoles du manipeur. Il faut être 3 minimum
pour effectuer un transit qui s’éloigne de la base, pour des raisons de
sécurité. En général l’aide-manipeur est très heureux de sortir et de découvrir
l’île qui l’accueille pour de long mois. C’est également l’occasion de s’aérer,
de sortir du contexte collectif pour un temps, pour reformer un groupe plus
restreint, qui va vivre des moments intenses dans une nature préservée, avec
nuit en cabane (le Graal).
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Deux départs en manip, un vers Entrecasteaux et l'autre vers le mont Fernand (photo MF Bernard)
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Effectivement, quand on part en
manip loin, on va en cabane ! D’où l’expression « faire un séjour en
cabane » qui prend un autre sens que celui qu'on lui connait habituellement. Il y a également quelques sites possibles pour
du bivouac léger : pour l’instant seulement deux sont utilisés.
Amsterdam a peu de transits.
L’île n’est pas très grande (55 km2) et très escarpée. Il y a moins d’une
dizaine de transits, certains marqués par un chemin, d’autres plus difficiles à
suivre, il faut utiliser un GPS. Certains transits ont été effacés car suite à
l’incendie, la végétation a repoussé (surtout en faveur des espèces exotiques
végétales) et surtout ils n’ont pas été empruntés pendant presque un an.
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Les différents transits sur Amsterdam
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Voici les transits principaux :
Le
transit d’Entrecasteaux
Le plus célèbre, le plus convoité
par les hivernants. Il est bien marqué et constitué de plusieurs tronçons très différents
les uns des autres.
Il s’agit de traverser
complètement l’île pour se rendre au pied des falaises d’Entrecasteaux.
Cela commence par une montée de
3h jusqu’à la Caldeira (700 m d’altitude), puis il faut longer la Dive, le plus
haut sommet de l’île (881m). L’atmosphère devient humide et le vent souffle
régulièrement très fort. Le chemin est composé de caillebotis pour faciliter la
marche et surtout protéger la végétation des passages réguliers (on fait régulièrement
des manips de pose de caillebotis).
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Les caillebotis (photo P.Michaud)
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La caldeira (photo M.Hennard)
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Cela va prendre deux heures pour
arriver jusqu’au Pignon, duquel, si le brouillard ne s’est pas invité sur la
zone, on peut avoir une vue imprenable sur le sud du Plateau des Tourbières. Ensuite
les choses sérieuses commencent. La descente vers la salle à manger (1-2h), est
assez acrobatique, dans la végétation dense de Poas et de Scirpes, la méthode
du marcher à quatre pattes est recommandée. Il faudra ensuite s’aider d’une
main courante pour commencer la descente des falaises d’Entrecasteaux, puis
continuer sur une via ferrata (site de la Brèche), qui demande à ne pas avoir
le vertige. Mais quelle vue ! Le paysage qui se dévoile aux yeux restera
gravé dans la mémoire de tous ceux qui s’y sont aventurés ! Deux heures
seront ensuite nécessaires dans le Vietnam (végétation dense) afin d’atteindre
la cabane d’Entrecasteaux au pied des falaises. Le transit est beau, sportif,
engagé et demande beaucoup de cohésion d’équipe pour évoluer en toute sécurité.
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Le Pignon depuis le plateau des Tourbières (photo MF. Bernard)
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La via ferrata de la Brèche (photo P. Michaud)
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La cabane d’Entrecasteaux est
récente (2024) et appartient à l’IPEV.
Elle permet de rester plusieurs
jours dans ce site emblématique des TAAF, pour effectuer le suivi de colonies
d’albatros à bec jaune et d’albatros fuligineux, qui nichent dans les falaises,
de gorfous (programmes 1151 et 109). La cabane est simple et confortable, les
touques emplies de nourriture sèche et ravitaillées une fois par an permettent
de limiter le portage de nourriture. L’hivernant va devoir cuisiner lui-même,
alors que sur base il est alimenté par une équipe de 2 cuisiniers de choc.
Les agents DE y effectuent
également de la veille d’espèces exotiques envahissantes, y posent des pièges
photos (dans le cadre du suivi post dératisation).
Les falaises d’Entrecasteaux sont
un site à accès règlementé. Des limites d’accès sont donc données pour chaque
programme. Il n’est pas possible d’y effectuer une manip pour le loisir.
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la cabane d'Entrecasteaux (photo M.Hennard)
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Les fameuses touques de nourriture de cabane (photo P.Michaud)
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Le
plateau des Tourbières
Le magnifique plateau des Tourbières accueille une des
tourbières les plus préservées du monde. Elle n’a été que très peu impactée par
l’incendie de 2025, probablement du fait de son taux d’humidité important.
C’est le royaume des mousses et des fougères, également le territoire de nidification
des albatros d’Amsterdam, espèce endémique et gravement menacée.
Savez-vous qu’il y a 21 espèces de fougères natives sur
Amsterdam ?
Le transit commence par le chemin
tracteur qui mène jusqu’au cratère Antonelli (40 min de marche). En général on
dort à la cabane Antonelli, afin de partir au lever du jour pour le plateau et
y passer le maximum de temps avant la tombée de la nuit.
La cabane Antonelli, situé sur le
sommet du cratère Antonelli, est récente. Elle n’est d’ailleurs pas encore
tout-à-fait terminée. L’incendie de 2025 a changé les priorités de travaux de
reconstruction. Elle n’a pas été impactée. En revanche l’ancienne cabane, qui
devait être détruite, a totalement brûlé.
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La nouvelle cabane Antonelli (photo MF.Bernard)
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Le cratère Antonelli et la cabane (photo MF.Bernard)
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La montée au plateau se fait en une
heure depuis la cabane. Ensuite le territoire à parcourir est vaste et prend la
journée. Il est interdit de bivouaquer au Plateau des Tourbières et le port de
raquette y est obligatoire !
Les manips de suivi des Albatros
d’Amsterdam, de suivi des skuas, de surveillance post éradication ou encore de
veille botanique y sont pratiquées.
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Le plateau des Tourbières et le mont Fernand (photo MF. Bernard)
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Mousses et raquettes (photo M.Hennard)
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Albatros d'Amsterdam (photo MF.Bernard)
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Le transit vers les Trois Demoiselles.
Les Trois Demoiselles sont des
rochers situés dans le prolongement du mont Fernand, le plus vieux mont de
l’île (le volcan primitif).
Pour y aller, il faut soit passer
par la Caldeira, comme pour le transit d’Entrecasteaux, et plutôt que d’aller
au Pignon, on descend la chaussée de Kerguelen, vers le Plateau des Tourbières.
Ce sentier, entre le rocher du Lapin et les Trois Demoiselles est fermé une
partie de l’année, car la zone de tourbière y est fragile. Il faut alors passer
par l’ouest, en prenant le Versant des Taureaux sauvages, puis les falaises de
la Pearl, longer le Mont Fernand, avant d’atteindre le site de bivouac :
une aire aménagée sur le sol tourbeux. Cela aura pris environ 6h. Il n’y a pas
de sentier tracé.
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Le site de bivouac et les Trois Demoiselles (photos M.Hennard)
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Les manips pratiquées sont :
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Le suivi photographique de la plus grande
colonie à bec jaune du monde, depuis les Trois Demoiselles. Il se pratique deux
fois par an.
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La lutte contre le Liseron (Convolvulus sepium), espèce exotique envahissante, qui se développe
sur un spot du versant des taureaux sauvages. L’arrachage se fait à la main,
dans un univers minéral et végétal composé de scirpes et de joncs.
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Le relevé de pièges photos post éradication.
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La veille végétale.
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Le photocomptage depuis les Trois Demoiselles (photo M.Hennard)
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Le transit vers Del Cano
Pour aller à Del Cano, il faut longer l’est de l’île, par
la côte, bordée de falaises moyennes. Le tracé n’est plus beaucoup visible. La
marche n’est pas difficile, mais longue. On parcoure effectivement la moitié du
tour de l’île avant d’arriver à la petite cabane IPEV, qui ressemble à une
paillotte de plage. Il faudra environ 6h.
A Del Cano il y a maintenant un sismomètre, qui associé à
celui du Chaudron (à mi-chemin entre Del Cano et la base) et la cave sismo de
la base, permet d’obtenir des informations sur l’activité sismique locale par
triangulation.
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La cabane Del Cano (photo M.Hennard)
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Les scientifiques y étudient la colonie d’albatros
fuligineux, font de la veille environnementale et relèvent des pièges photos.
Il est possible d’avoir vue sur Entrecasteaux, depuis la pointe de l’Apéro,
située à 10 minutes de la cabane.
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Depuis la pointe de l'Apéro (photo MF. Bernard)
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La Pointe de la Recherche
La Pointe de la Recherche est
située sur le Nord-Ouest de l’île, à environ 2h de marche de la base.
Le sentier n’est pas marqué, à partir de Antonelli. On y
va à la demi-journée, pour les protocoles de suivi post éradication par
exemple.
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A la Pointe de la Recherche (photo MF. Bernard)
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Autour de la base
Une courte marche littorale par un chemin tracteur mène à
Ribault, où une maisonnette permet de passer la nuit. C’est l’occasion de dormir avec les grognements des otaries,
d’entendre les vagues déferler sur les rochers, et de passer un joyeux moment
proche de la base. On y pratique la « manip loisir ».
Il ne reste de la cabane Mataf, qui était située à 5
minutes de la base, que la toiture. L’incendie ne l’a pas épargnée.
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Ribault (photo MF. Bernard)
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Et l’équipe scientifique ?
Manon, agent flore, et Léna agent
polyvalente, ont déjà été présentées. Elles sont arrivées à l’OP4 et effectuent
un volontariat de service civique pour les TAAF. Elles sont les 1ers agents DE
à être revenu pour étudier la reprise de la végétation, lutter contre les
espèces exotiques envahissantes et faire le suivi post éradication des rats et
souris (RECI en 2024).
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Manon et Léna (photos MF. Bernard)
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Martin et Armelle sont
« pompeurs d’air » c’est-à-dire qu’ils s’occupent de l’observatoire
de l’atmosphère, déménagé de Pointe Bénédicte à la Base. Ils sont VSC pour
l’IPEV.
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Martin et Armelle, les "pompeurs d'air"
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Orphéo, sur le plateau des Tourbières
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Orphéo est l’agent 109 et 1151.
Il fait les suivis otaries, les suivis ornithologiques, en tant que VSC IPEV.
Pierre est informaticien, chargé
en particulier de la Simo. Tous les quatre nous ont rejoints à OP1 2026.
Paul est le « génèr »,
il est salarié de l’IPEV et est chargé de coordonner les activités depuis OP3
2025.
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Paul, le "Génèr"
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Pierre, informaticien
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