Bienvenue sur le blog officiel du district des îles Saint-Paul et Amsterdam, un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).
Ce blog est tenu par le chef de district depuis la base Martin-de-Viviès.
Bonne lecture !
Sur l’île Amsterdam, à 2 km au
nord-ouest de la base, se trouve une station de mesures atmosphériques appelée
« Pointe Bénédicte ».
Cette station est équipée
de plusieurs instruments scientifiques qui effectuent des mesures en continu de
différents composés atmosphériques notamment :
-Gaz à effet de serre : CO, CH4, N2O, CO2,
H2O
-Radon
-Ozone
-Mercure
-Contaminants organiques émergeants :
micro-plastiques (air, eau de pluie).
Yaël, VSC pour le laboratoire
LSCE programme RAMCES-416
Sophia, VSC pour le laboratoire
IGE programme GMOStral-1028
Ce travail est piloté
par deux laboratoires de recherche : le Laboratoire des Sciences du Climat
et de l’Environnement (LSCE) et l’Institut des Géosciences de l’Environnement
(IGE). Chaque année, deux Volontaires du Service Civique sont employés par
l’Institut Polaire Français Paul Emile Victor (IPEV) pour travailler pour ces
deux laboratoires sur le terrain. Ils sont responsables, entre autres, des
maintenances des appareils, de la transmission des données aux laboratoires, de
la collecte des échantillons.
En haut du mat de 25m, où se
trouvent plusieurs entrées de ligne de prélèvements d’air.
En parallèle des mesures
atmosphériques à Pointe Bénédicte, le programme GMOStral effectue également des
collectes d’échantillons d’eau de mer au large de la cale de la base Martin-de-Viviès. Cela rentre dans le cadre des expérimentations sur les
micro-plastiques.
Les données
recueillies sur l’île Amsterdam sont extrêmement importantes pour les
recherches scientifiques, car elles représentent « le bruit de fond »
de l’atmosphère. On y mesure l’air « le plus pur du monde » ! En
effet, éloignée de plus 3000 km du continent le plus proche, ce territoire
est loin de toute source importante de pollution. De plus, il y a très peu
d’autres stations de mesure dans l’hémisphère sud; les données collectées
sont donc précieuses pour les modèles scientifiques.
Vendredi 19 novembre 2021, avec une journée d'avance, le Marion Dufresne mouille pour 5 jours d'OP (Opération Portuaire). En fin d'après-midi, il jette l'ancre face à la base Martin de
Viviès, après une escale logistique face aux falaises d'Entrecasteaux quelques heures plus tôt.
Mais
qu’est-ce qu’une OP, quand, comment, pourquoi ??? Il en est souvent
question dans le jargon des TAAF et nous vous proposons de découvrir à travers
cet article, certains évènements de la récente OP3, en abordant des traits liés
à l’humain, à la logistique et d’autres qui touchent des domaines plus techniques.
Volet
Humain
Renouvellement
des équipes
Une
OP, c’est avant tout des femmes et des hommes qui arrivent sur un district,
pour une période donnée, en fonction de l’activité qu’ils vont assurer et de
leurs statuts, et d’autres personnes qui quittent ce territoire.
Le
renouvellement des ouvriers de l’infrastructure et des cuisiniers s’effectue
majoritairement pendant l’OP 1 (mois d’avril) et pendant l’OP 2 (fin août début septembre à
Ams’). Ces personnes sont engagées sous un statut de « contractuel »
et la période de leur contrat initial est de 8 mois.
Les
militaires des armées de terre, de l’air et de l’espace et de la marine, ainsi
que le chef de district permutent pendant l’OP2. Les mandats sont de 1 an.
Les
scientifiques qui sont missionnés par la direction de l’environnement des TAAF
et par l’IPEV, prennent leurs fonctions à OP3 (fin novembre de l’année N à
Ams’), jusqu’à OP4 (fin décembre de l’année N+1). Ce mois de tuilage entre
les équipes montantes et descendantes est nécessaire pour une meilleure
transmission (passation). Les contrats sont prévus pour des hivernants qui
exercent sous un statut de volontaires en service civique, pour une durée
d’environ 13 mois.
Le
médecin du district débute également son mandat en début d’OP3. Il exerce sous
un statut militaire (officier sous contrat du service de santé des armées).
Personnels de passage
Une autorité représentant du Préfet et les passagers du Marion en escale le temps de l'OP
Le
trajet classique des rotations entre les trois districts austraux, à bord du Marion Dufresne II, débute par une
première escale sur l’archipel de Crozet, puis celui de Kerguelen, avant de
rejoindre l’île Amsterdam, quelque fois précédée par celle de Saint-Paul.
Le Marion Dufresne étant en mouillage à quelques centaines de mètres de la cale, l’arrivée sur base classique se fait en héliportage.
Passations
entre arrivant et sortant
Pour la continuité du service et des missions scientifiques,
logistiques et techniques, les hivernants « sortants » transmettent
le fruit de leur travail et de leurs expériences passées aux
« arrivants ».
Lettres
et colis, lien fort et matériel entre les hivernants isolés et leurs proches.
La
fin du télégraphe date de 2001, mais les communications internet, en plus du téléphone,
sont bien plus récentes, notamment pour un usage personnel.
La
réception et l’envoi de lettres et colis entre les hivernants et leurs proches sont
des moments forts. A titre d’information, la dépêche postale, oblitérée sur le
district de Saint-Paul et Amsterdam pendant l’OP3 représentait 8 sacs postaux,
totalisant 60,56 Kg.
Départ
des hivernants sortants
Quitter
un territoire unique que l’on ne reverra plus, sauf exception, et des camarades
avec lesquels on a travaillé, « manipé », joué, pleuré, ri etc…
matin, midi, soir, en semaine et le WE pendant une partie de l’année n’est jamais
anodin et les au revoir se font évidemment chargés d’émotions.
Volet technique
Une
OP, c’est également une opération logistique de grande ampleur, préparée par le
siège avec le concours des districts et orchestrée par l’OPEA qui envoie le
fret depuis le Marion Dufresne II,
par ciel (slings d’hélicoptère) et mer (portières, etc…) ; le matériel est
réceptionné sur terre par le chef de district et toute son équipe.
1. Logistique sur base
Les
vivres
Les
vivres sont expédiés après la dépêche postale, les passeports et les
hivernants.
Dépotage,
tout le monde participe
Un
maximum de monde est « mobilisé » pour acheminer les denrées des
containers vers les différents bâtiments de la base.
Des
chambres froides remplies pour plusieurs mois
Compte
tenu des seuls quatre approvisionnements dans l’année, correspondant aux OP,
les aliments consommés sont en partie congelés.
Les
produits frais
Ils
sont très appréciés et disponibles quelques jours après le départ du navire des
TAAF
Le
fret classique : matériel scientifique, matériaux de construction, mobilier,
…
Il
est livré par les airs si sa masse est inférieure à 1 tonne ou par
l’intermédiaire d’une « portière » (embarcation en forme de radeau)
s’il est plus lourd.
Fonctionnement
de la DZ :
La
« Drop Zone » est une aire d’atterrissage pour l’hélicoptère et
d’héliportage du fret.
Un
pompier assure la sécurité incendie de la zone (chef de zone) et communique
avec le pilote.
Deux
personnes, surnomées "playmobils" à cause de leur tenue rouge intégrale, s'occupent de l'ouverture des portes de l’hélicoptère lorsqu'il y a des passagers ou du décrochage des charges lors des déposes de matériel.
Transport
du matériel de la DZ vers leur destination finale
Pour
les charges trop lourdes (> 750kg) : la portière
Et
finalement le retour des déchets (on trie tout sur AMS)
2. Logistique
en sites isolés
Dépose de nouvelles cabanes temporaires à Entrecasteaux par des agents de l'IPEV pour assurer la continuité des missions scientifiques sur le site.
Entretient
du Relai 26, qui permet de communiquer partout sur l'île
Sécurisation des sentiers d'altitude en installant des caillebotis qui ont été livrés à cette OP
Log
sur sites isolées (acheminement de matériel scientifique, vivre,
entretient des refuges)
Volet souveraineté
Cérémonie de levée des couleurs du mardi 23 novembre 2021