mardi 25 août 2026

Rony, le chef infra, mais pas que ...


 Rony est arrivé à l’OP2 2025 et repartira dans quelques jours, avec l’achèvement de la mission 77. Une année bien remplie, pendant laquelle il aura été sur tous les fronts ! Originaire de Guadeloupe, il a préféré l'île la plus chaude des australes pour débuter dans les TAAF.

 

Rony en pleine commande de matériel

 Avec son équipe d’infras, il a pris en charge les gros travaux de remise en état et de sécurisation de la base. Parmi les grands chantiers de l’année : 2,3 km de caniveaux pour protéger le futur câble haute tension de Pointe Bénédicte. Un chantier réalisé sous le soleil, le vent, la pluie… dans les conditions habituelles d’Amsterdam ! 

 

Aldo sur le chantier caniveau


Puis il y a eu le pare-feu, qui les a occupés pendant de longues semaines. Un travail physique et parfois fastidieux, qui demande de la patience et une équipe solide.

Aldo, Joël et Richard sur le pare-feu

 

Toujours ingénieux et efficaces, les infras ont aussi remis en état les bâtiments, les gouttières et de nombreuses installations de la base. Ils ont été sollicités sur tous les fronts et ont répondu présents, souvent avec trois outils, pleins d'idées et une solution trouvée avant même que le problème soit complètement expliqué !

 Et puis Rony, ce n’est pas seulement le chef infra militaire. Il est également Directeur de Lutte de l'équipe sécurité incendie, le suppléant de la cheffe de district quand elle est hors base, il fait partie de l'équipe médicale et de l'équipe rescue. Il aura aussi marqué la vie de la base par sa bonne humeur. DJ des soirées, grand amateur de déguisements, volontaire pour les manips les plus physiques, toujours partant pour participer ou donner un coup de main, Rony aura surtout apporté son sourire et son énergie à la mission. Merci Rony ! Pour le travail accompli, les coups de main, les soirées, les déguisements et la bonne humeur. 



 



Et merci également à toute l’équipe infra, qui d’OP1 à OP2 a rendu de nombreux services et s’est investie sans compter : Joël le chef d'équipe qui travaille en dansant, Richard le pêcheur de sérioles, Jean-Marie qui effectue sa 9ème mission dans les TAAF, Aldo la force tranquille, Martin l'ingénieux toujours prêt à rendre service et Eddy le discret, qui a refait tous les panneaux de direction de l'île.

 

Martin, Richard, Aldo et Jean-Marie


Joël le chef d'équipe
Eddy à l'atelier

Martin en manip

Jean-Marie lors de la Midwinter

Richard et sa sériole


Une équipe sur laquelle on a vraiment pu compter tout l'hiver !

Bon vent à tous, et encore merci pour cette belle mission !

 

Amsterdam depuis l'incendie de Janvier de 2025

 

Le 15 janvier 2025, la mission 76 a été évacuée en moins de 24h, lors d’un incendie qui menaçait la base. Militaires, scientifiques, techniciens ont dû dire brutalement au revoir à l’île qui les accueillait depuis des mois, la laissant en prise avec les flammes. Amsterdam a tout au long de l’histoire eu affaire à des incendies qui ont modifié pour un temps son fragile équilibre.

En février, une frégate militaire est venue effectuer une reconnaissance de quelques jours, avec les pompiers du SDIS et du personnel des TAAF. Des points chauds subsistent.

Puis le Marion Dufresne lors de l’OP1, a déposé en avril, pour 10 jours une grosse équipe chargée de nettoyer, réparer et remettre en route la base, après quelques mois d’absence. Un point chaud dans le cratère d’Antonelli est éteint. Quelques scientifiques viennent également faire une prospection des impacts environnementaux. 14 personnes s’établissent, pour une durée de 6 mois : techniciens, infra, cuisinier, militaires, mais aucun scientifique. Leur mission : continuer la réinstallation de la base. Des bâtiments abandonnés, l’électricité coupée et la météo hivernale avait modifié pour un temps la confortable petite base, fort heureusement épargnée par les flammes. Seule la pépinière de phylica et les chemins de câbles  ont brûlé.

 

A OP2 (septembre 2025), lors de la relève, ce sont 16 personnes qui disent au revoir au Marion Dufresne pour 3 mois. La grosse équipe d’infra (maçons, ouvriers tous corps d’état, bardeur…) est gérée par un chef infra militaire : elle est chargée de construit un pare-feu autour de la base, par mesure de sécurité. Autre mission : construire un long chemin de caniveaux protecteurs pour les câbles qui alimentent Pointe Bénédicte. Pour rappel, Pointe Bénédicte abritait l’observatoire de l’atmosphère de Amsterdam. Le feu étant parti de cette pointe, l’observatoire a été sinistré et les câbles ont brûlé.

 Nous voilà maintenant à OP3, au mois de novembre. L’équipe est partiellement renouvelée et le recensement monte à 26 personnes. Dont une grosse partie de scientifiques, chargés de rapatrier et de remettre en fonctionnement l’observatoire de l’atmosphère sur base. C’est chose faite. Après plusieurs mois d'interruption, une biologiste recommence également les suivis des Albatros d'Amsterdam sur le plateau des Tourbières. 

L'équipe scientifique de OP3 à OP4

 

OP 4, fin décembre, voit arriver le changement vers un fonctionnement habituel des australes : les cabanes sont réouvertes, les scientifiques prospectent sur le plateau des Tourbières, à Entrecasteaux. Les colonies d’Albatros à bec jaune et d’Albatros d’Amsterdam n’ont pas été impactées par l’incendie.

L’équipe accueille à nouveau des agents de la direction de l’environnement et des contractuels de laboratoires (programme 109 et 1151).

Et côté végétation ?

L'incendie a touché environ 55% de l'ile Amsterdam, principalement dans les zones comprises entre 0 et 400m d'altitudes. Il y a eu un fort impact sur les boisements du seul arbre indigène des australes, le Phylica arborea (90% de la population relictuelle aurait été impactée par l'incendie). Mais l’effet combiné de la dératisation en 2024 (projet RECI) et l’incendie, fait que l’on observe aujourd'hui beaucoup plus de plantules qu’auparavant au sein des boisements brûlés et épargnés. De même, des reprises foliaires sont observées sur des individus brûlés, signe de leur survie. Il y a donc espoir de régénération naturelle pour ces arbres indigènes.

 

Phylicas à Del Cano, juillet 2026 (photo M.Hennard)


photo M.Hennard
jeune pousse de phylica (photo M.Bernard)




Dans ce contexte post-incendie, un travail est en cours pour construire les modalités de reprise du programme de restauration du phylica courant 2027.

Les veilles et suivis flore ont repris depuis janvier, grâce à l’arrivée de Manon et Léna, agents de la direction de l'environnement.

 Manon parcourt inlassablement les différentes communautés végétales, traque les espèces exotiques envahissantes et continue de collecter des données pour évaluer l’impact qu’a eu cet incendie, notamment sur la population de phylicas. Il faudra plusieurs années pour évaluer  l’évolution des communautés végétales.

 

Observation de phylica en fruits (photo A. Fabulet)

 

Suivi des phylicas à BMG, août 2026 (photo M.Bernard)