samedi 6 août 2016

A l'affiche cette semaine : "Mortal Amsterdam"

Le mois de juillet a vu la base Martin-de-Viviès parcourue par des bûcherons fous, des tondeuses meurtrières, des chirurgiens psychopathes et des princesses en détresse. Nous avons, vous vous en doutez, tourné un film, pour le présenter au festival du film antarctique (Winter International Film Festival of Antarctica), qui a lieu chaque année depuis 2008. Le festival, ouvert à toutes les bases antarctiques et subantarctiques, est organisé cette année depuis la base néo-zélandaise Scott, située sur le continent antarctique à l’ouest de la banquise de Ross, à quelques kilomètres de la base américaine McMurdo. 

Deux catégories sont proposées :

  • Catégorie libre :
N’importe quel film qui fasse moins de cinq minutes.

  • Catégorie "48 heures" :
Le vendredi 5 août, à 6 heures GMT (8 heures en métropole, 11 heures à Amsterdam, 18 heures en Nouvelle-Zélande), une liste de cinq éléments sera publiée. Un film de moins de cinq minutes incluant ces cinq éléments doit ensuite être écrit, tourné, monté et envoyé avant le dimanche, même heure. Les cinq éléments ont été choisis par différentes bases participantes et seront : une ligne de dialogue (choisie par Vostok, base russe), un objet (Dumont-d’Urville, France), une action (Syowa, Japon), un son (Halley, Royaume-Uni) et un personnage (Palmer, États-Unis).



Le film tourné en juillet est donc destiné à la catégorie libre. Nous voulions faire un film dynamique, faisant participer une grande partie de la mission et montrant différents aspects de notre île. Un scénario inspiré des douze travaux d’Héraclès — dans une version plus proche des douze travaux d’Astérix — a été envisagé, mais nous avons finalement opté pour une parodie de jeu vidéo, intitulée "Mortal Amsterdam". Une princesse est enlevée par un éléphant de mer très méchant. Trois héros vont se relayer pour affronter de multiples embûches et délivrer la charmante princesse.




Le film est disponible ici : https://vimeo.com/176933928.  Bonne séance !

Texte et captures d'écran : Nicolas R.

samedi 18 juin 2016

Record des 400 ppm de CO2 atteint pour la première fois à Amsterdam ...

... un triste record dont il ne faut cependant pas se réjouir pour l'état de notre pauvre planète !

Le seuil de 400 ppm (partie par million : 1 ppm en volume est équivalent à 1 cm³ par m³ d’air) de dioxyde de carbone (CO2) vient d’être atteint pour la toute première fois sur l’île d’Amsterdam. Ce seuil symbolique signifie que la concentration en dioxyde de carbone représente désormais 0,04 % de notre composition atmosphérique.

Ce seuil avait déjà été dépassé dans l’hémisphère nord au cours de l’hiver 2012-2013. Les cycles saisonniers y étant beaucoup plus importants, les valeurs repasseront temporairement en dessous des 400 ppm au cours de l'été. La particularité de l’île d’Amsterdam pour la mesure des gaz à effet de serre (dont le CO2) tient en son éloignement unique de tout continent. Elle est ainsi considérée comme l’île la plus éloignée des métropoles et donc des perturbations liées à l'activité humaine (pollution). De ce fait, la station de mesure installée dans le bâtiment de Pointe Bénédicte mesure le bruit de fond atmosphérique de la planète et est considérée pour cette raison comme une référence mondiale.

La station de mesure de Pointe Bénédicte sur l'île d'Amsterdam (photo : Guillaume M.)
Grâce à un cycle saisonnier faible sur l’île d’Amsterdam (inférieur à 1 ppm), on considère que la valeur symbolique des 400 ppm est durablement dépassée, et en raison du rôle de référence mondiale de la station d’Amsterdam, qu’elle est ainsi dépassée sur l’ensemble de la planète !
En plus du CO2, la station de surveillance d’Amsterdam mesure également le méthane CH4, le monoxyde de carbone CO et le protoxyde d’azote N2O.

Les appareils de mesure des gaz atmosphériques (photo : Guillaume M.)
Ces données sont recueillies à la station-observatoire d’Amsterdam depuis 35 ans sans discontinuer par le service national d’observation ICOS-France du laboratoire des sciences du climat et de l’environnement situé à Gif-sur-Yvette (LSCE, CNRS / CEA / UVSQ), avec le soutien de l’Institut polaire français Paul-Emile Victor (IPEV). Les valeurs sont donc passées de 339 ppm au début des mesures à 400 ppm le mois dernier, avec un taux de croissance plus élevé durant ces quatre dernières années (augmentation supérieure à 2 ppm par an).

Sources : M. Ramonet - LSCE
Sources : M. Ramonet - LSCE
Texte et illustrations : Guillaume M., VSC en charge du programme de mesures du COatmosphérique à Amsterdam.

mardi 24 mai 2016

Amsterdam fête la nature !

Samedi 21 mai, 8 h 30, un début de week-end comme les autres sur le district d’Amsterdam à la différence près qu’aujourd’hui nous fêtons la fête de la nature ! Cette fête parfois méconnue en métropole (bon nombre d’entre nous n’en avait jamais entendu parler auparavant) a lieu tous les ans et s’étend en général sur plusieurs jours avec pour but de sensibiliser le public à l’environnement qui l’entoure. Ici à Ams, elle ne dure qu’une journée, durant laquelle nos deux agents VSC de la réserve naturelle des TAF ont décidé d’organiser pour nous plusieurs activités.

Il est donc 8 h 30, et sept d’entre nous (dont les deux « resnat » comme nous les appelons) nous retrouvons au Skua pour préparer nos sandwichs : nous partons en balade botanique sur la côte Est de l’île, jusqu’au bois de phylicas !


Régulièrement sur le trajet, Julien et Olivier nous donnent des explications : à quoi sont dues les variations spatiales d’habitats ? Comment reconnaître telle ou telle plante ? Une fois n’est pas coutume, nous traçons une partie de notre chemin hors du sentier tracteur, pour mieux découvrir la flore. Nous en profitons pour visiter le fond d’un des cratères Dumas, et pour faire une pause casse-croûte au pied de phylicas plantés dans la coulée Heurtin dans les années 1990. Ces arbres sont maintenant bien grands, atteignant plusieurs mètres de haut, et cela nous donne une idée de ce à quoi ressembleront ceux que nous plantons cette année dans vingt ans.



En fin de matinée nous arrivons enfin au bois de phylicas, seul endroit de l’île où cet arbre (presque) endémique d’Amsterdam avait survécu à l’assaut des Hommes et des bovins avant le commencement des replantations.


Sur le retour, et après un pique-nique à l’orée du bois, Olivier et Julien décident de nous faire quitter à nouveau le chemin tracteur pour aller voir comment se portent trois sites de plantation de notre mission, au niveau desquels nous avions planté des centaines de jeunes phylicas au cours des derniers mois.



À peine une heure après notre retour sur base en milieu d’après-midi, il est déjà l’heure de la deuxième activité proposée par la resnat : deux conférences, une par chacun des VSC, sur des études naturalistes qu’ils ont menées récemment en Nouvelle-Calédonie et en région PACA. Leurs présentations donnent lieu à de nombreuses questions de la part des hivernants présents.



Avant le dîner, c’est cette fois-ci dans le bureau de la réserve naturelle tout fraîchement réaménagé que nous nous retrouvons tous pour un apéritif offert par la resnat ! Les conversations vont bon train, et nous retrouvons trois de nos collègues de retour du plateau des tourbières où ils ont passé la journée à repérer pour la première fois les poussins d’albatros d’Amsterdam de l’année 2016. C’est somme toute une belle manière de fêter la nature… !


Enfin, pour clôturer cette belle journée qui s’est révélée être aussi une accalmie dans la météo venteuse des derniers temps, après le dîner deux hivernants volontaires nous ont présenté des photos commentées sur le Svalbard et sur l’aménagement du territoire en montagne pour prévenir les risques naturels. Les deux conférences ont été bien appréciées et chaleureusement applaudies, finissant sur une note enthousiaste ce samedi 21 mai, journée des passionnés de nature.



Texte et photos : Isabelle J.