La beauté de la végétation de l’île d’Amsterdam
L’été à Amsterdam est la meilleure période de l’année pour observer la végétation de l’île ! Les graminées recouvrent les sols et valsent au grès du vent tandis que les Phylicas arborea sont en fleurs et embaument les sentiers de leur douce odeur de miel.
| Prairie de graminées et Phylica arborea. |
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Phylica arborea en fleur |
Le Phylica arborea est une espèce endémique de l'île
d'Amsterdam. C'est aussi le seul arbre indigène de la réserve naturelle des Terres australes et antarctiques françaises.
Une nature encore intacte, même après le feu
Malgré le passage de l’incendie de 2025, la flore native d’Amsterdam est encore présente ! De nombreux secteurs de l’île ont été épargnés et présentent aujourd’hui des habitats d’intérêt qui offrent de très beaux exemples de la diversité végétale de l’île.
💧 Le Plateau des Tourbières correspond à un milieu humide remarquable, dominé par les sphaignes et les mousses qui créent un sol spongieux et gorgé d’eau. Cette base végétale permet l’installation d’une flore diversifiée, composée d’espèces spécialisées pour ce type d’environnement.
On y retrouve par exemple Asplenium blotiae et Elaphoglossum succisifolium, deux fougères qui se développent principalement dans les tourbières. Autre plante étonnante : Lycopodium clavatum, qui ressemble à un petit sapin miniature et porte de fines structures en forme de massues à son extrémité. D’autres espèces, plus discrètes, font aussi partie de ce paysage végétal, comme Isolepis aucklandica, Carex brevicaulis ou encore Carex austrocompacta. Cette dernière possède des utricules en forme de crochet recourbé : ils s’accrochent au pelage ou aux plumes des animaux, notamment des oiseaux, ce qui permet à la plante de disperser ses graines. Une adaptation ingénieuse à un environnement isolé !
| Elaphoglossum succisifolium |
| Asplenium blotiae |
| Carex austrocompacta avec ces utricules en forme de petits crochets recourbés qui s’accrochent au pelage des animaux. |
🌊Du côté des falaises d’Entrecasteaux, le paysage n’est pas seulement spectaculaire par son relief : il abrite aussi une végétation caractéristique, essentielle à la faune. Celle-ci a su s’adapter à la fois aux contraintes environnementales de ces falaises exposées, mais aussi à la présence des animaux qui les occupent.
Colonie
d'Albatros à bec jaune dans les falaises d'Entrecasteaux
On y observe notamment Poa novarae, une Poacée endémique de l’île qui pousse en petites touffes. Ces touffes ne sont pas seulement esthétiques : elles servent de zones de nidification pour les Albatros à bec jaune et les Albatros fuligineux, qui nichent sur ces falaises exposées aux vents. Autre graminée remarquable : les Sporobolus mobberleyanus. Leur port imposant, sous forme de touffes denses et robustes, offre des abris idéaux pour les siestes des otaries, qui viennent s’y reposer à l’abri du vent.
Ici, la végétation est donc bien plus qu’un simple élément du paysage : elle constitue de véritable infrastructure naturelle, indispensable à la faune de ce versant de l’île.
| Jeune otarie dans un Sporobolus mobberleyanus |
Article rédigé par Manon Hennard, agent flore à Amsterdam.
Photos : Manon Hennard
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