samedi 28 octobre 2017

27 octobre 1892 - Prise de possession officielle de l'île Amsterdam (3/3)

3e partie

Liens vers le premier et deuxième épisode

Ce rappel historique était long, et j’espère que le lecteur ne s’est pas endormi, mais nécessaire pour comprendre le contexte dans lequel s’est produit l’événement de 1892 qui nous intéresse en cette date anniversaire.

Pendant cinquante ans, le statut des deux îles est resté incertain, mais la présence française, notamment à travers ses pêcheurs, bien réelle. Cinquante années d’hésitation et d’incertitude, auxquelles le Gouvernement décide de mettre fin en 1892 en organisant le prise de possession officielle des îles Saint-Paul et Amsterdam. Il le fait en envoyant le commandant Vuillaume à bord du La Bourdonnais.
 

Le navire La Bourdonnais


Le 24 octobre, le commandant profite d’une embellie et envoie deux embarcations à Saint-Paul pour arborer le pavillon. Le géologue Charles Vélain, à qui l’on doit l’expédition scientifique de 1874, raconte dans un article :

« Mais à côté de ce mât de pavillon une petite croix de bois noirci, plus modeste, indique que ce court séjour de La Bourdonnais a été marqué par un accident bien regrettable : un matelot de garde, Hamon, placé dans l’une des deux baleinières amarrées dans la passe et qui avait servi à la sonder, enlevé par une de ces lames de fonds si fréquentes en ce point, a disparu, quoique bon nageur, dans le cratère, sans qu’on puisse le retrouver ».

Ce triste événement et les conditions météorologiques poussent le commandant à se rendre à présent sur l’île Amsterdam, où le 27 octobre 1892, non sans difficulté, ses officiers arrivent à poser le second mât de pavillon. Ils y trouvent de nombreux bovins abandonnées et des traces de présence humaine, vestiges des tentatives avortées de colonisation et de développement commercial. Quelque mois plus tard, La Bourdonnais se perd dans un cyclone au large de Madagascar.


  
Panoramas de l’île d’Amsterdam © Adrien COATANÉA

La France restera dès lors souveraine et continuera à entretenir pour les îles Saint-Paul et Amsterdam les mêmes rêves de développement commercial grâce à ses ressources et son positionnement unique sur les routes maritimes. Mais les faits sont têtus et viendra ensuite le temps des frères Bossière dont les mésaventures ne feront que répéter l’histoire et rappeler ainsi, inlassablement, le caractère inhospitalier de ces îles.

Il faudra attendre 1924 pour que les deux îles soient classées en parc national puis en réserve naturelle nationale en 2006.

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