lundi 3 février 2025

La Mission 76 évacue l’île Amsterdam

Vous qui suivez la  vie des Amstellodamois et Amstellodamoises, vous avez certainement suivi l’actualité récente de notre chère île Amsterdam. Cet article de blog rend hommage à la Mission 76 qui a œuvré pour protéger l’île et la base de l’incendie survenu le 15 janvier 2025.

Ce jour-là, un feu a pris au niveau de Pointe Bénédicte. Rapidement, des équipes ont travaillé à éteindre le feu sur ce lieu, mais le vent soufflait fort - le vent dominant de l’île (nord-ouest) - et rabattait le feu vers la base de Martin-de-Viviès. Une autre équipe a commencé à protéger cette dernière. Les 31 résidents de Martin de Viviès se sont rejoints sur la base pour tenter de la protéger puis pour procéder à une mise à l’abri des personnes, et au petit matin  l’évacuation à bord de l’Austral a été mise en œuvre.

Évacuation de l’île Amsterdam à bord de l’Austral, 16 janvier 2025. Une mission 76 soudée. Se mêlent le bonheur d’être sains et saufs et la tristesse de quitter l’île en feu.

L’île Amsterdam a déjà connu des incendies et l’on sait combien devant les feux de végétation associés à des forts vents que l’homme peut ne pas gagner ce combat. La mission 76 a été courageuse : tout au long de la lutte contre l’incendie et de l’évacuation, le calme a prévalu, les encouragements les uns envers les autres étaient attentionnés, l’amour de l’ile et de ses habitants natifs nous a portés. La mission 76 a fait montre de courage, de générosité, de sérénité et se savait soutenue par le siège et la cellule de crise qui œuvraient en parallèle à cet événement hors-norme. La mission 76 s’inscrit dans une histoire et dans un vaste réseau d’amitié : les anciens et anciennes d’Amsterdam (Ams un jour, Ams toujours), les autres districts, les amoureux des Terres australes et antarctiques françaises ; nous savons combien vous avez pensé et pensez encore à Amsterdam et à nous et vous en remercions.

L’île la plus isolée au monde entretient une relation spéciale avec deux bateaux : l’Austral et le Marion Dufresne.

Destins croisés dans l’adversité et l’amitié avec l’Austral. Nos liens se sont encore renforcés. La pêche à la langouste n’a pas été très bonne cette année… il a donc fallu décaler la date de retour initialement prévue. De ce fait, l’Austral était encore à Saint Paul. Yannis et son équipage sont venus rapidement à la rescousse. Leur accueil chaleureux et généreux a permis à la mission 76 de retrouver un havre de sécurité et éprouver cette amitié maritime sans faille.

Julie Bornes

Passage pour les missions des Terres australes, le Marion Dufresne est le navire qui nous accompagne vers l’aventure rêvée lors de notre OP d’arrivée et celui qui nous ramène à la réalité de l’autre monde après avoir vécu notre mission dans la faille spatio-temporelle que constituent nos districts. Habituellement sas d’émotion et de retrouvailles, le Marion Dufresne a là aussi joué ce rôle d’accueil, de retrouvailles et de transition, grâce à la bienveillance de Ganor et de son équipage et à la solidarité des missions scientifiques d’Obs Austral et des campagnards d’été de Kerguelen.

 

Marion Dufresne à Saint Paul, site des TAAF

 

Aujourd’hui, la mission 76 fait route vers l’inconnu, un inconnu coloré de multiples projets et réalités. Elle emporte avec elle la force d’un groupe qui a été soudé dans l’adversité et a traversé l’épreuve du feu avec détermination et raison, avec courage et sérénité, avec l’amour de l’île Amsterdam. Une mission exceptionnelle.

Là-bas, reste Amsterdam.

Merci.

 

 

La mission 76, janvier 2025 : Benjamin, Christian, David, Elzéar, Estelle, Fabienne, Fabrice, Franck, Hugo, Jackson, Joséphine, Julie, Larissa, Laureline, Lily, Lison, Lucile, Ludovic, Manon, Marina, Mathieu, Matthieu, Nicolas, Pierre, Rémi, Serge, Thomas, Tiphaine, Tristan, Victor, Zoé.

mercredi 25 décembre 2024

 La Fet Kaf à Amsterdam

Le 20 décembre 1848, l'esclavage est aboli à la Réunion. 

Le 20 décembre 2024, en souvenir de cette date importante, les Amstellodamois d'origine réunionnaise ou vivant à la Réunion depuis déjà quelques années, nous ont conviés à un repas réunionnais concocté par Jackson, Franck et Ludo.                                        


La Fet Kaf, en créole réunionnais, ou fête des Cafres, célèbre le jour où le décret Schoelcher (27 avril 1848) abolissant l'esclavage a été appliqué à la Réunion.

Dès le début du XVIIème siècle, la France a acheminé des esclaves à la Réunion pour développer les cultures comme le tabac, le café et les épices. La majorité de ces esclaves venaient de Madagascar, du Sud de l’Inde et de l’Ouest de l’Afrique. Ce sont les Kaf (Cafres), nom donné encore aujourd'hui à leurs descendants. Beaucoup d'entre eux ont fui l'esclavage et se sont installés sur la plaine des Cafres, dans les hauteurs de l'île.

Le 20 décembre 1848, l’abolition de l’esclavage à la Réunion est officialisée et 62 000 esclaves, hommes et femmes confondus, recouvrent alors la liberté.

Aujourd'hui encore, cette date reste importante et donne lieu à différents types d'événements : défilés, concerts de maloya, danse, activités culturelles, hommages aux ancêtres. Cette journée importante renforce la mémoire collective mais aussi célèbre la diversité culturelle qui caractérise l'île ainsi que les valeurs de tolérance et d’unité qui en découlent.  

   

Louisa Lafable, descendante de Réunionnais et présidente de l’association des Réunionnais du Québec, présente cette journée comme l'occasion de  "ne jamais oublier toutes ces injustices commises et les crimes contre l'humanité, pour honorer ainsi la mémoire de nos pères et mères morts sans sépulture, des créoles réunionnais aux racines métissées, au sang-mêlé et cœur sans frontière, à la mémoire vivante, à la spiritualité et à l'identité tridimensionnelle".

Jackson et Thomas ont partagé ce que représente la Fet Kaf pour eux : il s'agit avant tout d'une commémoration de l'abolition de l'esclavage et d'un temps d'hommage aux ancêtres, mais, poursuivent-ils, c'est aussi un des désormais rares moments où l'on peut partager un temps de fête. Les temps de rassemblement se raréfient dans notre société aujourd'hui : les moments les plus fréquents où l'on retrouve l'ensemble de la famille et des amis sont malheureusement les funérailles. Il est donc important, essentiel, de conserver des fêtes comme la Fet Kaf pour se rassembler dans la joie, la convivialité, quelles que soient nos différences et nos ressemblances. Cette fête permet de partager un moment convivial, avec familles et amis, en musique, et c'est l'occasion de partager les histoires de nos anciens. C'est un moment fort, empreint de solidarité et cette année, nous avons une pensée particulière pour les Mahorais qui ont subi le terrible cyclone Chido.

Sur l'île Amsterdam, le 20 décembre 2024 a permis de faire écho à l'esprit de fraternité de la Réunion : pour vivre un hivernage sur l'île la plus isolée au monde, les valeurs de tolérance, respect et unité sont mises en œuvre au quotidien avec enthousiasme et sérénité. 

Au menu, c'était donc pâté créole au poulet, riz, gros pois, cari de langoustes, gâteau patate, poulet massalé de pommes de terre, et autres régals... le tout bien évidemment dans une ambiance réunionnaise avec des musiques de Danyèl Waro, Secteur 410 ou bien encore Lindigo.




Le district profite de cet article pour vous souhaiter

de belles fêtes de fin d'année !